APERCU DU PATRIMONE NATUREL DU SRI LANKA



Etat insulaire à la superficie réduite (66 000 km2°), le Sri Lanka n’en demeure pas moins l’un des réservoirs de biodiversité parmi les plus riches de la planète. Comme la plupart des territoires insulaires, la faune et la flore du Sri Lanka présentent un fort taux d’endémisme. Mais ce qui distingue le Sri Lanka de la plupart des autres îles tropicales à l‘exception peut-être de certaines îles indonésiennes est la présence de grands mammifères tels que l’éléphant d’Asie, le léopard, l’ours lippu et plusieurs espèces de cervidés.

Cette richesse faunistique s’explique par la diversité des écosystèmes. Le sud-ouest de l’île est la zone humide. Si la forêt tropicale recouvrait initialement toute cette zone, elle ne représente plus que 2% du territoire. Au sein de cet espace, la réserve de biosphère de Sinharaja est l’unique endroit au Sri Lanka où la forêt tropicale est encore préservée. Le déclin significatif de la forêt tropicale est très grave au regard des services écologiques qu’elle fournit à l’homme. En effet, la forêt tropicale joue un rôle important dans la régulation des cycles hydrologiques dont dépend l’agriculture et en tant que puit de carbone. C’est également un réservoir génétique de première importance notamment s’agissant de la flore. La forêt tropicale du Sri Lanka abrite de nombreuses espèces animales peu visibles comme les éléphants, les léopards, les chevrotains et de nombreux primates comme le langur blanchâtre (semnopithecus vetulus) qui est endémique. L’avifaune y est tout à fait remarquable et présente également un fort taux d’endémisme.

Au nord de cette zone, on trouve la forêt tropicale de montagne ou forêt de nuage à partir de 1500 m d’altitude. Si la flore et notamment les espèces d’arbres sont très différentes de celles que l’on peut trouver dans les forêts tropicales de plaine, les espèces animales sont identiques.

Le dernier grand écosystème du Sri Lanka est la forêt sèche de plaine qui recouvre les trois quarts de l’île. Cet écosystème se compose de plusieurs biomes comme les prairies et zones humides comme celle de Bundala intercalées entre deux zones de forêt. Les forêts elles-mêmes sont de plusieurs types comme la forêt décidue sèche tropicale, la forêt décidue humide, la forêt d’épineux et buissoneuse. C’est au sein de ces zones que l’on trouve la plupart des grands mammifères du Sri Lanka parmi lesquels : l’éléphant d’Asie, l’ours lippu, le cerf axis, le cerf sambar, le buffle d’Asie, le chacal doré, le sanglier, et le léopard pour ne citer que les plus emblématiques. Le léopard trône au sommet de la chaine alimentaire en l’absence du tigre, absent de l’ile.

La plupart de ses mammifères se retrouvent également en Inde et en Asie du Sud Est. Toutefois, certains d’entre eux parmi lesquels les léopards, les ours lippus et surtout les éléphants s’observent beaucoup plus facilement au Sri Lanka qu’en Inde. En Inde, les ours lippus et les léopards vivent dans l’ombre du tigre et se montrent rarement plus de quelques minutes. Ce sont des animaux nocturnes, difficiles à observer et très craintifs. J’ai eu quatre observations de léopard en Inde au cours d’un séjour d’une semaine dans deux des meilleures réserves du pays (Bandhavgarh et Ranthambore) sur les quatre observations, seule une observation m’a permis de faire une photographie décente. J’ai vu également deux ours lippus à Bandhavgarh qui ont fui à l’approche du véhicule. Ce n’est pas le cas au Sri Lanka. Dans les réserves de Yala et Wilpattu,  léopards et ours ne fuient pas à l'approche des véhicules. J’ai pu suivre un ours lippu pendant plus de 2 km au Sri Lanka. Les léopards n’hésitent pas à se montrer en plein jour et n’ont aucune peur des jeeps dont ils s’approchent parfois. J’ai pu observer le léopard une quinzaine de fois à Yala en moins d’une semaine. C’est presqu’autant qu’en 20 ans de safari dans les meilleures réserves d’Afrique et d’Inde réunies.

Quant aux éléphants, le Sri Lanka est probablement la meilleure destination d’Asie pour les voir. Outre les parcs de Yala et de Wilpattu, le Parc National de Minneriya et celui de Kaudulla permettent d’observer de grands rassemblements annuels d’éléphants que l’on ne peut voir nul par ailleurs.

Il faut ajouter à ce tableau la faune marine du Sri Lanka qui est également très riche eu égard à la présence de grands mammifères marins qui hantent le littoral parmi lesquels baleines bleues et cachalots.

Si le Sri Lanka au regard de sa superficie réduite ne peut égaler l’Inde et l’Afrique sub-saharienne en terme de diversité des grands mammifères, elle reste l’une des meilleures destinations d’Asie pour observer la vie sauvage. S’agissant de certaines espèces animales comme l’éléphant d’Asie, l’ours lippu et le léopard il s’agit ni plus ni moins de la meilleure destination d’Asie. Le parc national de Yala est probablement le meilleur endroit pour observer ces trois espèces avec celui de Wilpattu.

 

LE PARC NATIONAL DE YALA

 



Situé au sud est du pays dans la zone sèche du pays, le parc national de Yala est le deuxième plus vaste du pays après le Parc National de Wilpattu. D’une superficie d’à peu près 1500 km2, le parc est composé de cinq blocs dont seulement deux sont ouverts au public. Le bloc 1 est de loin le plus fréquenté en raison de sa forte densité de léopards qui a fait la renommée mondiale du parc. Outre les léopards, on peut y voir des éléphants d’Asie, des buffles d’Asie sans doute féraux, des cerfs sambar, des cerfs axis, des sangliers, des chacals dorés, des ours lippus, des entelles, plusieurs espèces de mangoustes, des crocodiles des marais, des pythons et avec de la chance des cobras et des bongares. L’avifaune y est très riche. Je recommande de rester dans le parc au moins trois jours afin de se donner un maximum de chance. Une journée de safari dans le parc est en principe suffisante pour y voir un léopard. J'ai pu voir parfois quatre léopards en une après-midi. Les ours lippus sont beaucoup plus difficiles à observer en dépit du fait qu’ils ne soient pas craintifs (un tous les trois jours). Les éléphants s’observent facilement. Ce n'est pas le cas du cerf sambar qui reste très discret à Yala.

Le Parc National de Yala est malheureusement victime de son succès et je ne saurais que trop recommander de s’y rendre en basse saison (Mai-Aout) et en semaine. En haute saison, il peut y avoir près de 300 jeeps dans le parc ce qui peut complètement gâcher l’expérience qui devient rapidement cauchemardesque. Outre des queues interminables à l’entrée principale du parc, le nombre important de jeeps a pour effet de créer de véritables embouteillages voir même à de véritables courses si jamais un ours ou un léopard est repéré. Dans cette hypothèse, seuls les premiers arrivés auront la chance de voir l’animal, ce qui peut être terriblement frustrant pour les retardataires qui n’auront plus qu’à espérer que l’animal se déplace dans leur direction. En outre, le nombre important de véhicules réduit de beaucoup les chances et les qualités d’observation et cause un stress important aux animaux. Il est crucial pour l’avenir du parc de limiter le nombre de véhicules autorisés au tout du moins d’ouvrir les autres zones du parc afin de disperser le flux des véhicules et ainsi permettre aux animaux de respirer.

Avantages :

- Meilleur parc d’Asie pour l’observation des léopards et des ours lippus
- Très bon parc pour l’observation des éléphants d’Asie et des crocodiles de marais
- Beauté des paysages
- Faune riche et variée
- Pratiquement toute la grande faune du Sri Lanka y est représentée

Désavantages :

- Trop fréquenté même en basse saison
- A éviter à tout prix en haute saison et pendant les week-ends (Préférez Wilpattu)
- Trop peu de zones sont ouvertes aux visiteurs
- La zone 1 est bien trop petite
- Le parc ferme trop tôt (18h00)
- L’attitude irresponsable de certains visiteurs et chauffeurs

 

FACITILITÉ D’OBSERVATION DES MAMMIFÈRES À YALA


Observation quasi garantie : cerf axis, sanglier, entelle, buffle d’Asie

Observation fréquente : éléphant d’Asie, mangouste rougeâtre, léopard (peut être aléatoire)

Observation aléatoire : Chacal doré, ours lippu (très aléatoire)

Observation exceptionnelle : cerf sambar, mangouste à cou rayée
 

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